Catégorie : Le carnet d’Oscar : articles

Les coulisses de la série d’enquêtes à Liège

  • Visiter le château de Waroux : salles, parc et balade sur les traces d’Oscar

    Visiter le château de Waroux : salles, parc et balade sur les traces d’Oscar

    Une drève de tilleuls centenaires, des douves, un donjon coiffé d’une flèche, une enceinte ronde comme on en voit très peu en Belgique : le château de Waroux est l’un des monuments les plus étonnants des environs de Liège. Voici tout ce qu’il faut savoir pour le découvrir : son architecture, ses salles, son parc, sa ferme, et une petite balade en Hesbaye sur les traces d’Oscar.

    Infos pratiques

    • Adresse : rue de Waroux, 4432 Alleur (commune d’Ans), province de Liège.
    • Propriétaire : la commune d’Ans, depuis 2005.
    • Visites : le château ouvre au public lors des grandes expositions qui y sont organisées. En dehors de ces périodes, les groupes peuvent le visiter sur réservation, auprès de la commune d’Ans.
    • Le parc : classé, il se découvre en se promenant le long de la drève et autour des douves.

    Bon à savoir : le château accueille aussi les mariages des habitants d’Ans. Avant de vous déplacer, vérifiez les dates d’ouverture et des expositions auprès de la commune ou de la Maison du Tourisme du Pays de Liège.

    Une architecture unique

    L’enceinte circulaire en silex et grès du château de Waroux
    L’enceinte circulaire du château. Photo : Milucide, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

    Waroux est l’un des rares châteaux circulaires de Belgique. Son plan est hérité du Moyen Âge :

    • un donjon à base carrée, surmonté de la flèche élancée que l’on voit de loin ;
    • une enceinte circulaire en silex et en grès, aux murs hauts, autrefois seulement percés de meurtrières ;
    • l’entrée, placée face au donjon ;
    • une cour intérieure polygonale où se mêlent la brique et la pierre de taille, fruit des transformations des XVIIe et XVIIIe siècles ;
    • des douves qui entourent encore le château.

    Le château est bâti à environ 182 mètres d’altitude, sur l’un des points hauts de la Hesbaye. Il est classé depuis 1977 et fait partie du patrimoine exceptionnel de Wallonie.

    Les salles du château

    La salle Lovinfosse. Au rez-de-chaussée, cette salle doit son nom au peintre liégeois Pierre-Michel de Lovinfosse, qui l’a décorée à la fin du XVIIIe siècle. Ses toiles en camaïeu de gris et de rose, encadrées de moulures dorées, montrent des couples d’amours avec arcs, attirail de pêche et vin, et même un amour endormi. On y sent l’influence de Watteau et de l’art français.

    Le détail à ne pas manquer : la toile à droite de la cheminée s’ouvre. Derrière se cache un autel pliant, utilisé pour dire la messe en secret pendant la Révolution française, avec assez de place pour cacher un prêtre.

    La salle des mariages. Installée dans le donjon, au-dessus de la salle d’armes, elle était sans doute une chambre au XVIIIe siècle, comme le suggère son alcôve ouverte sur le parc. Elle a gardé de beaux stucs de la fin du XVIIIe siècle : une cheminée encadrée de pilastres cannelés à chapiteaux de feuilles d’acanthe, des guirlandes de fleurs et de fruits. Un miroir porte encore des impacts de balles de la Seconde Guerre mondiale.

    Et aussi : la chapelle, la salle d’armes et la salle Saint-Hubert, que l’on peut découvrir lors des visites et des expositions.

    Le parc, la drève et la glacière

    La drève de tilleuls qui mène au château de Waroux
    La drève qui mène au château. Photo : Jean Housen, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

    On arrive au château par une drève de tilleuls centenaires, superbe en automne comme sous le givre. Le parc est classé. À l’est du château, on trouve encore une ancienne glacière, où l’on conservait la glace de l’hiver, et les restes d’une charmille, une allée de charmes taillés.

    La ferme de Waroux

    Face au château, la grande ferme en carré mérite le coup d’œil :

    • une aile d’habitation datée de 1645 et trois ailes de 1724 ;
    • une grange à deux portes charretières, avec une niche abritant une statue de saint Michel terrassant le dragon, sous un fronton à l’aigle des Clercx ;
    • un porche-colombier daté de 1724, lui aussi aux armes des Clercx de Waroux.

    Des expositions et des événements

    Depuis que la commune d’Ans en est propriétaire, le château accueille de grandes expositions : Folon en 2006, Rodin en 2007 pour les 90 ans de sa mort, Félicien Rops et une exposition sur la franc-maçonnerie en 2008. En 2007, le parc a même accueilli un bivouac napoléonien lors des journées du patrimoine militaire.

    Balade en Hesbaye, sur les traces d’Oscar

    Waroux est à deux pas des lieux du Mur vide, le deuxième carnet d’Oscar. Pour une demi-journée dans l’ambiance du roman :

    • La gare d’Ans, où passe la piste que remontent Victor et Oscar.
    • Les champs de betteraves d’Alleur, autour du château, surtout par un matin de brouillard.
    • Le château de Waroux, sa drève et ses douves.
    • Le fort de Loncin, tout proche, l’un des forts de la ceinture de Liège en 1914, dont les galeries jouent un rôle dans le roman.

    Pour tout savoir sur le passé du château, lisez aussi Le château de Waroux : sept siècles d’histoire et La guerre des Awans et des Waroux.

    Couverture de L’Homme au visage d’eau

    Le carnet d’Oscar

    De la gare d’Ans aux champs d’Alleur, jusqu’aux galeries du fort de Loncin : Le Mur vide, deuxième enquête de Victor et Oscar, se déroule dans ces paysages de Hesbaye. Bientôt disponible.

  • Le château de Waroux : sept siècles d’histoire à Alleur

    Le château de Waroux : sept siècles d’histoire à Alleur

    Sur le plateau de Hesbaye, à quelques kilomètres de Liège, une flèche d’ardoise pointe au-dessus des arbres d’Alleur. C’est le château de Waroux : un donjon carré, une enceinte ronde en silex, des douves, et sept siècles d’histoire. Guerres privées, comtes, chanoines, résistants et officiers américains : ses murs en ont vu passer. Voici son histoire, de ses origines médiévales à aujourd’hui.

    Le château de Waroux à Alleur (Ans), avec son donjon et sa flèche
    Le château de Waroux, à Alleur. Photo : Debahi, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

    Où se trouve le château de Waroux ?

    Le château se dresse rue de Waroux, à Alleur, un village rattaché à la commune d’Ans, dans la province de Liège. Il est bâti à environ 182 mètres d’altitude, l’un des points les plus élevés de la Hesbaye, ce qui explique pourquoi sa flèche élancée se voit de si loin. Autour : des champs, une ferme, un parc classé et une longue drève de tilleuls centenaires.

    Une seigneurie médiévale

    Au XIIIe siècle, Waroux est une seigneurie qui dépend du comté de Looz (l’actuel Limbourg belge). Elle appartient à une famille qui porte le nom du lieu : les de Waroux. Un certain Breton le Jeune est déjà cité en 1234.

    Le château actuel garde la trace de ces origines : son donjon à base carrée et son enceinte circulaire en silex et en grès, haute et seulement percée de meurtrières, sont médiévaux. Il aurait été bâti vers 1300, en pleine guerre contre les Awans. C’est l’un des rares châteaux circulaires de Belgique.

    1298-1335 : la guerre des Awans et des Waroux

    Le nom de Waroux reste attaché à l’un des épisodes les plus sanglants de l’histoire de la principauté de Liège : la guerre des Awans et des Waroux. Pendant près de quarante ans, de 1298 à 1335, deux grands lignages de Hesbaye et leurs alliés se sont affrontés. Tout serait parti d’un mariage secret… Nous racontons cette histoire digne d’un roman dans un article à part : La guerre des Awans et des Waroux.

    Le domaine en a gardé des cicatrices. Un moulin à vent existait à Waroux en 1323 : il est détruit pendant la guerre, puis sans doute reconstruit au même endroit, puisqu’un texte de 1609 parle d’un « neuf moullin ».

    Parmi les seigneurs de la lignée, on retient Guillaume II, dit le Jeune, chef des Waroux au début du conflit, Raes de Warfusée, tué en 1327, et un autre Raes de Warfusée, bourgmestre de Huy, mort sans héritier direct en 1407.

    Les Merode, comtes de Waroux

    En 1525, après des siècles, le domaine quitte la famille de Waroux par mariage. Il passe à Richard de Merode (mort en 1539), époux d’Agnès de Warfusée. Les Merode, l’une des plus grandes familles nobles des anciens Pays-Bas, le gardent plus d’un siècle et demi : Guillaume, puis Jean, fait comte de Waroux en 1623, un autre Jean, Eitel-Frédéric, et enfin son fils Alexandre, qui n’a que trois filles.

    Les Clercx de Waroux et le château du XVIIIe siècle

    À la fin du XVIIe siècle, les sœurs de Merode vendent le domaine à Michel Clercx : des briques datées de 1696 portent encore ses armes. La famille Clercx de Waroux y vivra jusqu’en 1925.

    C’est elle qui donne au château son visage actuel. La cour intérieure polygonale mêle briques et pierre de taille, et les salles reçoivent un décor raffiné à la fin du XVIIIe siècle : stucs, cheminées à pilastres cannelés, et des toiles du peintre liégeois Pierre-Michel de Lovinfosse. En face, la ferme est agrandie : une aile d’habitation datée de 1645, trois ailes de 1724, et un porche-colombier de 1724 frappé des armes des Clercx.

    Le secret de la salle Lovinfosse : l’une des toiles, à droite de la cheminée, s’ouvre et révèle un autel pliant. Pendant la Révolution française, on y célébrait la messe en cachette, et l’on pouvait y dissimuler un prêtre en cas d’alerte.

    Les Everard de Harzir et la Seconde Guerre mondiale

    Après 1925, le château est racheté par Francis Everard de Harzir. Pour sa famille, la guerre sera terrible. Francis meurt d’une crise cardiaque à Bruxelles le 10 mai 1940, le jour de l’invasion allemande. Son fils Alain tombe le 28 mai 1940 à Passendale, pendant la bataille de la Lys. Philippe, officier de l’Armée secrète, est abattu le 4 septembre 1944 lors du combat d’Alleur, alors qu’il porte secours à un blessé. Jacques tombe gravement malade en mission militaire en Allemagne en mai 1945 et restera lourdement invalide.

    Les Allemands occupent le château dès 1940. Il abrite pourtant, à l’occasion, des aviateurs alliés et des Juifs cachés. En 1944-1945, les Américains installent un hôpital militaire de campagne à Alleur, et ses officiers logent à Waroux. Dans l’actuelle salle des mariages, un miroir porte encore des impacts de balles.

    Adèle de Harenne, veuve de Francis, vit au château jusqu’à sa mort en 1982.

    De la famille à la commune d’Ans

    • 25 octobre 1977 : le château et la ferme sont classés comme monuments.
    • 1986 : le château est racheté par le docteur Léon Janssis.
    • Janvier 2005 : il devient la propriété de la commune d’Ans.
    • Aujourd’hui, il figure parmi le patrimoine exceptionnel de Wallonie. Il accueille des bureaux, des réunions, les mariages des habitants d’Ans et de grandes expositions (Folon en 2006, Rodin en 2007, Félicien Rops en 2008).

    Pour découvrir les salles, le parc et la ferme, lisez notre guide Visiter le château de Waroux.

    Waroux, un décor pour le carnet d’Oscar

    Une flèche qui perce le brouillard de Hesbaye, une vieille vendetta, un autel caché derrière un tableau, des impacts de balles dans un miroir… Le château de Waroux a tout d’un décor de polar. Il se trouve à Alleur, à deux pas de la gare d’Ans et des champs de betteraves que traversent Victor Lenoir et Oscar Blanc dans Le Mur vide, le deuxième carnet d’Oscar.

    Couverture de L’Homme au visage d’eau

    Le carnet d’Oscar

    Les enquêtes d’Oscar Blanc et de Victor Lenoir se déroulent à Liège et dans ses environs, de la gare des Guillemins au fort de Loncin, entre brouillard, mystère et humour.

  • La guerre des Awans et des Waroux : la vendetta qui a ensanglanté la Hesbaye

    La guerre des Awans et des Waroux : la vendetta qui a ensanglanté la Hesbaye

    Un mariage secret, une jeune femme convoitée, un moulin incendié… et quarante ans de vendetta. Entre 1298 et 1335, la Hesbaye liégeoise s’est déchirée dans une guerre privée entre deux grands lignages : les Awans et les Waroux. Une histoire vraie, qui a décimé une bonne partie de la noblesse du pays de Liège, et dont le château de Waroux, à Alleur, reste le témoin.

    Le parc du château de Waroux en automne, tapis de feuilles mortes

    La Hesbaye à la fin du XIIIe siècle

    Nous sommes dans la principauté de Liège, gouvernée par un prince-évêque. Sur le plateau fertile de Hesbaye, au nord-ouest de la ville, vivent de nombreuses familles de chevaliers, liées entre elles par le sang, le mariage et l’amitié. On parle de lignages. Awans et Waroux sont deux villages voisins, aujourd’hui sur les communes d’Awans et d’Ans, à quelques kilomètres seulement l’un de l’autre.

    À cette époque, la vengeance privée entre nobles n’est pas un crime comme les autres. La coutume, que l’on rattachait à une « loi Charlemagne », leur laisse une large impunité, et un simple serment d’innocence peut suffire à se disculper. Le terrain est prêt pour l’escalade.

    Tout commence par un mariage secret

    À l’origine de la guerre, il y a une jeune femme : Adèle Poret, orpheline du village d’Awans. Selon un chroniqueur de l’époque, elle est de condition servile, mais riche en biens et en héritages. Un beau parti.

    Humbert Corbeau, seigneur d’Awans, l’a promise à l’un de ses amis. Mais Adèle épouse en secret un autre homme : Hanneceau de Waroux. Furieux, Humbert Corbeau la réclame en vertu de ses droits féodaux auprès du chef du lignage des Waroux, Guillaume le Jeune. La réponse tombe : Adèle est libre, elle peut épouser qui elle veut.

    Des moulins en feu, une Hesbaye à feu et à sang

    Les Awans tentent alors d’enlever la jeune femme. Hanneceau et Adèle se réfugient derrière les murs du château de Waroux. Ne pouvant les atteindre, les Awans s’en prennent au domaine : ils incendient les moulins et les brasseries de Waroux et ravagent ses terres. Le moulin à vent de Waroux, cité en 1323, sera lui aussi détruit pendant le conflit.

    Chaque coup appelle une riposte. Les familles alliées entrent dans la danse, les embuscades et les combats se succèdent. Parmi les victimes, Raes de Warfusée, de la lignée des Waroux, est tué en 1327. La guerre dure trente-sept ans et décime une grande partie de la noblesse hesbignonne.

    Le château dans la tourmente : c’est probablement autour de 1300, en pleine guerre, que le château de Waroux reçoit son enceinte circulaire en silex et en grès, haute et seulement percée de meurtrières. Une forteresse pensée pour tenir un siège.

    1335 : la paix, enfin

    Il faut attendre 1335 pour que les armes se taisent. Épuisés, privés de nombreux chefs de famille, les lignages finissent par faire la paix. La guerre laisse une trace profonde dans la mémoire liégeoise : à la fin du XIVe siècle, le chroniqueur Jacques de Hemricourt en fera le récit, et c’est en grande partie grâce à lui que l’on connaît aujourd’hui cette histoire.

    Que reste-t-il de la guerre aujourd’hui ?

    • Le château de Waroux, à Alleur, avec son donjon carré et son enceinte ronde d’origine médiévale.
    • Le souvenir de la guerre dans les noms de lieux et dans l’histoire locale d’Ans et d’Awans.
    • Une histoire qui fascine encore les historiens et les amateurs de récits médiévaux.

    Pour la suite de l’histoire du château, des comtes de Merode à la commune d’Ans, lisez Le château de Waroux : sept siècles d’histoire. Et pour y aller, notre guide Visiter le château de Waroux.

    Une histoire digne d’un polar

    Une rivalité de voisinage qui dégénère, une femme au cœur de toutes les convoitises, des incendies, des vengeances en chaîne : la guerre des Awans et des Waroux a tous les ingrédients d’un roman noir. Sept siècles plus tard, c’est dans ces mêmes paysages de Hesbaye, entre Ans, Alleur et le fort de Loncin, que se déroule l’enquête du Mur vide, le deuxième carnet d’Oscar.

    Couverture de L’Homme au visage d’eau

    Le carnet d’Oscar

    Dans le carnet d’Oscar, Victor Lenoir, ancien inspecteur liégeois, et Oscar Blanc, un extraterrestre qui a appris à vivre parmi nous, résolvent les affaires que la police de Liège ne comprend pas.