Fort de Loncin : visiter le fort héroïque de 1914 près de Liège

Le musée de La Boverie à Liège, au bord de l’eau

Par Mr Schaka ·

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À sept kilomètres de Liège, le fort de Loncin garde la mémoire d’une des pages les plus tragiques d’août 1914. Ici, une seule explosion a tué environ 350 soldats belges, dont la plupart reposent encore sous les ruines. Voici comment visiter ce lieu à part, avec le respect qu’il mérite.

Un maillon de la ceinture de Brialmont

À partir de 1888, le général Henri-Alexis Brialmont fait construire douze forts autour de Liège : six grands et six petits, disposés en cercle pour protéger la ville et les passages de la Meuse. Le fort de Loncin, achevé vers 1891, est l’un des grands. Il est enterré, bâti en béton non armé, sur un plan triangulaire d’environ 300 mètres de côté. Ses canons sont abrités sous des coupoles d’acier qui dépassent à peine du sol.

À leur construction, ces forts sont modernes. En 1914, ils ont déjà vieilli face à la nouvelle artillerie lourde allemande.

Août 1914 : le siège et l’explosion

L’armée allemande entre en Belgique le 4 août 1914. Le fort de Loncin ouvre le feu dès le 7 août. Le général Leman, gouverneur de la place de Liège, y installe son quartier général. Pendant huit jours, le fort encaisse environ 15 000 obus, selon le site officiel du fort.

Le 15 août, vers 17 h 20, un obus de 420 mm tiré par la « Grosse Bertha » perce le magasin à poudre. Une douzaine de tonnes d’explosifs sautent. Le centre du fort est soufflé. Sur une garnison d’environ 550 hommes, quelque 350 sont tués. Le général Leman est retrouvé inconscient dans un fossé, puis fait prisonnier. Le commandant du fort, Victor Naessens, survit et racontera plus tard ces dernières heures.

Une nécropole nationale

La plupart des victimes n’ont jamais été dégagées. En 1921, les restes de 43 soldats sont rassemblés dans une crypte aménagée dans le fort. En 2007, lors d’un déminage qui remonte quelque 3 500 obus, les restes de 25 autres soldats sont retrouvés, dont 4 identifiés. Ils rejoignent la crypte l’année suivante. Les autres reposent toujours sous le béton.

Le site n’a jamais été reconstruit. En 2014, pour le centenaire, le roi Philippe l’a élevé au rang de nécropole nationale. Depuis 2023, il fait partie des sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. On y entre donc comme dans un cimetière : calmement, en tenue correcte.

Ce que l’on voit sur place

La visite commence par le musée, tenu par des bénévoles. Uniformes, objets personnels des jeunes soldats, maquettes et documents d’archives racontent la vie de la garnison et la bataille de Liège.

On descend ensuite dans le fort. Les galeries voûtées, les casemates et les postes de commandement sont restés dans leur état de 1914. Dehors, on découvre le cratère de l’explosion et des coupoles de tir renversées par le souffle. Un parcours sonore et lumineux, avec des vidéos, fait revivre les dernières heures des défenseurs.

Le moment le plus fort reste la crypte, véritable salle du souvenir. On s’y arrête en silence, face aux noms de ceux qui ne sont jamais rentrés. Les lecteurs de Mr Schaka reconnaîtront ces galeries, qui apparaissent dans « Le Mur vide », tome 2 du Carnet d’Oscar.

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Horaires, prix et accès

Horaires et durée

La visite libre se fait avec un audioguide (français, néerlandais, anglais, allemand), sans réservation. D’avril à septembre, le fort ouvre du jeudi au dimanche ; d’octobre à mars, le samedi et le dimanche, de 14 h à 18 h. Comptez 1 h 30 à 2 h. Des visites guidées en français ont lieu certains dimanches après-midi (environ 2 h 30). Les groupes de 10 personnes minimum réservent au moins une semaine à l’avance. Vérifiez les horaires sur le site du fort avant de partir : des fermetures ponctuelles sont possibles.

Tarifs (prix relevés en 2026)

  • Adulte : 10 €
  • Étudiant (avec carte) et senior (65 ans et plus) : 8 €
  • Enfant de 7 à 12 ans : 4 €
  • Moins de 7 ans : gratuit

Adresse et accès

Rue des Héros 15 bis, 4431 Ans (Loncin), à environ 7 km à l’ouest du centre de Liège. En voiture, un parking privé accueille les visiteurs. En bus TEC, la ligne 84 (Liège–Waremme) s’arrête à « Fort de Loncin », à 100 m de l’entrée. Les lignes 12 et 75 desservent l’arrêt « Rue de Jemeppe », à environ 800 m. Depuis la gare d’Ans, il faut reprendre un bus. Il n’y a pas de restauration sur place.

Conseils pratiques de Mr Schaka

  • Prenez une veste, même en plein été : il fait frais et souvent humide dans les galeries enterrées.
  • Chaussures fermées et confortables : sols inégaux, marches et passages dans les ruines.
  • Arrivez tôt dans l’après-midi pour suivre l’audioguide sans vous presser avant la fermeture.
  • Respectez le lieu : c’est une tombe. On parle bas et on ne grimpe pas sur les ruines.
  • Combinez avec le fort de Lantin, tout proche, resté dans son état de 1914. Vérifiez ses jours d’ouverture, différents de ceux de Loncin.

Questions fréquentes

Combien de soldats reposent encore au fort de Loncin ?

Environ 350 soldats sont morts le 15 août 1914. Une soixantaine reposent dans la crypte ; la plupart des autres sont toujours sous les ruines du fort.

Faut-il réserver pour visiter ?

Non pour la visite libre avec audioguide. Oui pour les groupes de 10 personnes ou plus, au moins une semaine à l’avance.

La visite convient-elle aux enfants ?

Oui, le fort accueille de nombreuses écoles. Prévenez simplement les plus jeunes : c’est un lieu de mémoire, et certaines galeries sont sombres.

Couverture du livre

Le livre

Les galeries du fort de Loncin jouent un rôle dans Le Mur vide, deuxième tome du Carnet d’Oscar : le Picasso de la Boverie a disparu, et la piste mène jusqu’ici.

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