Koh Samet a un avantage que peu d’îles thaïlandaises peuvent revendiquer : elle est proche. Depuis Bangkok, on part le vendredi soir et l’on est sur le sable le samedi matin, sans prendre l’avion. C’est aussi une île sans voitures, où l’on marche, où l’on prend une moto-taxi ou un pick-up, et où le bruit dominant reste celui de la mer. Deux jours suffisent pour en faire le tour, à condition de choisir la bonne plage.
Pourquoi Koh Samet et pas une autre île
Comparée à Koh Chang, plus grande et plus sauvage, ou à Koh Lanta, plus lointaine, Koh Samet est petite : une dizaine de kilomètres de long, une largeur de quelques kilomètres. On en fait le tour en une journée, ce qui est à la fois sa limite et son intérêt. En deux jours, on ne cherche pas à tout voir : on choisit une côte et l’on reste.
L’île est classée parc national, ce qui explique deux choses : l’entrée est payante pour les visiteurs étrangers, et la construction y est théoriquement limitée. Le résultat est une île encore relativement préservée au sud, et très développée au nord-est.
Comment y aller
Le trajet se fait en deux temps. D’abord Bangkok jusqu’à Ban Phe, sur la côte de Rayong : trois à quatre heures de route selon le point de départ et le trafic, en minibus ou en voiture. Ensuite, le ferry depuis le port de Ban Phe jusqu’à l’île : une quarantaine de minutes, plusieurs départs par jour selon la compagnie et la saison.
Il existe aussi des bateaux plus rapides et des long-tails affrétés, plus chers, qui s’approchent de certaines plages. Le ferry classique débarque à Na Dan, le port principal, d’où l’on rejoint les plages en pick-up ou en moto-taxi. Prévoyez du liquide pour ces trajets : les cartes ne sont pas acceptées partout.
Un détail qui compte : les derniers ferries partent en milieu d’après-midi. Un départ de Bangkok après midi vous fera dormir à Ban Phe, ce qui n’est pas dramatique mais n’était pas le projet.
Choisir sa plage
C’est la vraie décision du séjour. L’île se divise en trois zones. Le nord-est, autour de Sai Kaew, est le plus animé : restaurants, bars, hôtels, et une plage large qui reste la plus fréquentée. C’est là que l’on trouve l’ambiance, la musique le soir, et aussi le bruit.
La côte ouest, autour d’Ao Prao et d’Ao Thapthim, est plus calme : couchers de soleil, eau plus profonde, hôtels plus espacés. C’est le choix des couples et de ceux qui veulent dormir. Le sud, enfin, avec Ao Wai, Ao Kiu et Ao Karang, est le plus sauvage : petites criques, peu d’hébergements, une route qui se transforme en piste.
Sai Kaew et le nord
Sai Kaew est la plage la plus connue, et elle mérite sa réputation pour une raison simple : le sable y est fin et blanc sur une grande longueur. En journée, elle est agréable malgré le monde. Le soir, elle change de nature : les restaurants installent des tables sur le sable, les bars allument et la musique monte.
Si vous cherchez le calme, ne dormez pas au cœur de Sai Kaew : les établissements les plus proches de la jetée sont aussi les plus bruyants jusqu’à tard. Marchez dix minutes vers le nord ou vers le sud et la situation change.
La côte ouest
Ao Prao est la plus belle plage de l’île pour beaucoup de visiteurs : une baie courbe, une eau claire, et le soleil qui se couche face à vous. Elle est aussi plus chère, l’offre étant limitée. Ao Thapthim, juste à côté, offre une version plus simple et moins chère de la même chose.
Cette côte a un autre avantage : elle est orientée à l’ouest, donc à l’abri du vent en début de mousson, quand la côte est se charge de vagues. Si vous venez entre mai et octobre, c’est un argument à prendre au sérieux.
Le sud sauvage
Au-delà d’Ao Thian, la route se rétrécit et les hébergements se raréfient. Ao Wai, Ao Kiu et Ao Karang sont des criques accessibles par une piste, avec quelques bungalows et une restauration minimaliste. On y va pour la tranquillité, pas pour le confort : l’eau courante est parfois limitée, l’électricité aussi.
Ces plages se rejoignent à pied par un sentier côtier, ce qui constitue la meilleure randonnée de l’île. Comptez une heure pour relier deux criques, avec des passages rocheux et de l’ombre. Emportez de l’eau, et de quoi vous protéger du soleil.
Le parc national et la marche
Une partie de l’île est un parc national, et l’on peut y marcher. Le sentier qui traverse l’intérieur vers le sud permet de relier les plages sans dépendre des pick-up. Il est balisé, mais mal entretenu par endroits, et la chaleur le rend plus difficile qu’il n’y paraît.
La visite du parc comprend le droit d’entrée, à régler à l’arrivée sur l’île. Conservez le reçu : il peut être demandé. Et si vous arrivez après la fermeture du guichet, il faudra le régler le lendemain.
Une journée type
Le matin, la mer est calme et la plage vide : c’est le moment de nager, avant que le soleil ne devienne vertical. Vers onze heures, on marche, on prend un café, on bouge. L’après-midi se passe à l’ombre ou dans l’eau. En fin de journée, on rejoint la côte ouest pour le coucher du soleil, ou l’on reste à Sai Kaew.
Le soir, deux options : les restaurants de plage et l’animation du nord, ou une table simple dans une crique du sud, avec pour seul bruit celui des vagues et des bateaux de pêche.
Manger et boire
La cuisine de l’île est celle des stations balnéaires thaïlandaises : poisson grillé, crevettes, salades, soupes, riz frit, et des prix qui montent à mesure que l’on s’approche des plages les plus fréquentées. Les restaurants de Sai Kaew sont corrects mais chers pour le pays ; ceux de l’intérieur, sur la route, sont moins chers et souvent meilleurs.
Les bars de plage servent des cocktails dans des seaux, une spécialité locale qui n’a rien de gastronomique et beaucoup de charme. L’alcool n’est pas vendu partout le jour des élections ou de certaines fêtes religieuses : renseignez-vous avant de compter sur un verre.
Combien prévoir
Koh Samet n’est pas l’île la moins chère de Thaïlande : l’offre est limitée et la demande forte le week-end. Une chambre simple en bungalow se situe dans une fourchette modérée, les établissements de la côte ouest étant plus chers. Le ferry et le transfert depuis Bangkok représentent un coût fixe à prévoir. Sur deux jours, hors transport, un budget raisonnable suffit si vous mangez local.
Quand y aller
De novembre à février, la mer est calme, le ciel dégagé et l’air plus frais : c’est la meilleure période, et la plus fréquentée, surtout le week-end. De mars à mai, la chaleur monte et l’île reste agréable. De juin à octobre, la mousson apporte des averses et une mer plus agitée sur la côte est ; la côte ouest reste souvent praticable.
Évitez les longs week-ends thaïlandais si vous cherchez le calme : l’île se remplit de Bangkokiens et les prix montent.
Les erreurs à éviter
Réserver un hôtel à Sai Kaew en espérant le silence. Arriver à Ban Phe après le dernier ferry. Compter sur un distributeur sur l’île : il y en a peu et ils tombent en panne. Oublier le droit d’entrée du parc. Et vouloir faire le tour de l’île en une heure : la route est plus longue qu’elle n’en a l’air.
FAQ
Deux jours suffisent-ils ?
Oui pour une plage et une crique. Trois jours permettent de faire le tour et de marcher.
Peut-on venir sans réserver ?
Hors saison, oui. Le week-end et en décembre, réservez.
Faut-il une voiture ?
Non, et c’est impossible : l’île n’accepte pas les voitures privées. Pick-up et motos-taxis font le travail.
L’île est-elle adaptée aux enfants ?
Oui à Sai Kaew, où l’eau est peu profonde. Moins dans le sud, où les plages sont rocheuses.
Y a-t-il des moustiques ?
Oui, surtout en fin de journée et après la pluie. Prévoyez une protection.
Faut-il prendre une excursion en bateau ?
Pas indispensable. Une sortie vers les îlots voisins, tôt le matin, vaut la peine pour les fonds et pour le calme ; les circuits de masse de l’après-midi, non. Comparez les offres sur la jetée et demandez combien de personnes embarquent.
Se déplacer sur l’île
Il n’y a pas de voitures privées, mais il y a des pick-up collectifs qui parcourent la route principale, et des motos-taxis qui vous déposent à la porte de votre bungalow. Les tarifs sont négociés à l’avance pour les longues distances ; pour les courtes, ils sont fixes et affichés à peu près partout.
Louer un vélo est une bonne idée pour la partie nord, plus plate. Pour le sud, la piste est irrégulière et les côtes sont réelles : mieux vaut le pick-up. Si vous louez un scooter, sachez que l’île est petite, que les chemins sont sablonneux et que les accidents y sont fréquents en fin de soirée.
Le snorkeling et ce qu’on y voit
L’île n’est pas une destination de plongée mythique, et il faut le dire. Près des plages principales, la visibilité est moyenne et les fonds sont abîmés par le passage. En revanche, quelques sorties en bateau vers les îlots voisins offrent des fonds plus clairs et des poissons en nombre.
Si vous voulez vraiment voir du corail, partez tôt, choisissez une sortie en petit groupe, et refusez de marcher sur les récifs. Emportez vos propres masque et tuba si vous en avez : la location est inégale et les tailles limitées.
Où dormir, et dans quoi
L’hébergement va du bungalow en bois sans climatisation au resort avec piscine, en passant par des chambres simples au-dessus d’un restaurant. Au nord, l’offre est dense et les prix compétitifs ; à l’ouest, elle est plus chère et plus confortable ; au sud, elle se résume à quelques établissements familiaux.
Trois conseils. Réservez au moins une semaine à l’avance pour un week-end, l’île se remplit vite. Vérifiez si le bungalow a l’eau chaude, ce n’est pas acquis partout. Et demandez une chambre éloignée de la route : les pick-up passent tard et tôt.
Les petits tracas de l’île
Quelques désagréments sont prévisibles et faciles à anticiper. L’eau courante peut manquer quelques heures dans la journée, surtout au sud. L’électricité peut vaciller lors des orages. Les moustiques sortent au coucher du soleil, et les puces de sable sévissent sur certaines plages à l’aube.
Les déchets, enfin, sont un problème réel sur les plages les plus fréquentées : l’île évacue mal ce que produisent des milliers de visiteurs. Emportez vos détritus, refusez les pailles et les sacs inutiles, et ne laissez rien sur le sable en partant. C’est un geste modeste, mais l’île en dépend.
Le matin, avant tout le monde
Le meilleur moment de la journée, sur cette île, est celui où les bateaux de pêche rentrent et où les premiers visiteurs dorment encore. Vers six heures, la lumière est basse, le sable est lisse et l’on entend les conversations des pêcheurs qui déchargent. Une heure plus tard, les premiers pick-up commencent à circuler et la journée bascule.
Si vous ne devez faire qu’une chose de ce programme, faites celle-là : réveillez-vous tôt, marchez jusqu’à la jetée ou vers une crique, et restez une demi-heure sans rien faire. C’est ce que les habitants appellent la belle heure, et c’est ce qui reste en mémoire quand on a oublié les restaurants.
Peut-on dormir sur la plage ?
Le bivouac sauvage est interdit dans la zone du parc national, et les gardes le font respecter. Quelques hébergements proposent des tentes aménagées ; c’est la seule façon de dormir les pieds dans le sable sans enfreindre les règles.














