Pendant longtemps, j’ai voyagé comme beaucoup de monde : un maximum d’étapes, des journées chargées et des valises refaites tous les deux jours. Aujourd’hui, je pratique le slow travel en Thaïlande : moins d’endroits, plus de temps dans chacun, et un rythme qui laisse de la place au repos. Voici comment j’organise un séjour reposant, sans avoir l’impression de passer à côté du pays.
Pourquoi voyager lentement en Thaïlande
La Thaïlande se prête particulièrement bien au voyage lent. Le climat est chaud et humide une bonne partie de l’année, et la chaleur fatigue plus qu’on ne le croit. Les distances sont aussi plus longues qu’elles n’en ont l’air sur la carte : une journée de transport, c’est souvent une journée entière, entre l’attente, le trajet et l’installation.
Voyager lentement, c’est accepter de ne pas tout voir. En échange, on découvre autre chose : le marché du quartier où l’on finit par être reconnu, le petit restaurant où l’on revient chaque soir, le temple voisin qu’on visite tôt le matin, quand il est encore calme. On ne consomme plus des lieux, on y vit un peu. Et on rentre reposé, ce qui n’est pas toujours le cas après un circuit à étapes.
Moins d’étapes : ma règle des « bases »
Ma méthode est simple : je choisis quelques bases et j’y reste au moins une semaine. Depuis chaque base, je fais des excursions à la journée, puis je reviens dormir au même endroit. Plus besoin de refaire la valise sans cesse.
- Pour deux semaines : deux bases, par exemple Bangkok puis une station balnéaire calme comme Hua Hin.
- Pour trois ou quatre semaines : trois bases au maximum, par exemple Bangkok, Chiang Mai et une plage.
- Pour un hiver entier : une ou deux bases seulement, avec un logement loué au mois. J’en parle dans mon article sur l’hiver en Thaïlande après 50 ans.
Chiang Mai est d’ailleurs une base idéale pour ce type de séjour : la ville est à taille humaine, les excursions sont nombreuses et le rythme est plus doux qu’à Bangkok. Je lui ai consacré un article entier, Chiang Mai en voyage lent.
Se déplacer en douceur
Le transport est souvent ce qui fatigue le plus. Quelques choix simples changent tout.
- Le train : c’est mon moyen préféré pour les longues distances. Le train de nuit entre Bangkok et Chiang Mai part de la gare de Krung Thep Aphiwat et met environ 11 à 13 heures. Une couchette permet de dormir allongé et d’arriver sans avoir perdu une journée. Réservez sur le site officiel des chemins de fer thaïlandais (SRT), surtout en haute saison.
- L’avion : pour les grandes distances, un vol intérieur d’une heure fatigue souvent moins qu’une longue journée de bus. Gardez une marge pour l’aéroport et ne prévoyez rien d’autre ce jour-là.
- Le chauffeur privé : pour les trajets de quelques heures, comme Bangkok vers Hua Hin ou vers une plage de l’Est, louer une voiture avec chauffeur permet de partir à l’heure qu’on veut et de s’arrêter quand on en a besoin.
- Un seul long trajet par jour : je ne combine jamais un vol et une longue route le même jour.
Choisir un logement où l’on a envie de rester
Quand on reste une semaine ou plus, le logement compte beaucoup plus que pour une nuit. Je regarde surtout :
- la présence d’un ascenseur et d’une entrée facile, sans longues volées de marches ;
- la proximité d’un transport en commun, d’une supérette et de quelques restaurants à pied ;
- une piscine ou un coin ombragé pour l’après-midi, quand il fait trop chaud pour sortir ;
- un coin cuisine ou au moins un frigo, pour avoir de l’eau fraîche et des fruits ;
- les tarifs à la semaine ou au mois, souvent plus intéressants que le prix à la nuit.
Une journée type au rythme lent
Mon rythme suit la chaleur. Le matin, entre 7 h et 10 h, il fait plus frais : c’est le moment pour visiter un temple, se promener dans un parc ou faire le marché. En fin de matinée, je rentre. L’après-midi, quand le soleil tape le plus fort, c’est piscine, sieste, lecture ou un endroit climatisé. Vers 17 h, la ville se réveille à nouveau : promenade, marché de nuit, dîner simple. Je ne prévois jamais plus d’une activité importante par jour, et je garde au moins un jour sans programme chaque semaine.
Santé et confort pendant un long séjour
Je ne suis pas médecin, et chacun a sa propre situation. Avant un long séjour, surtout si vous avez une maladie chronique ou le souffle court, parlez-en à votre médecin : il pourra vous conseiller sur vos traitements, les vaccins et les précautions à prendre. Emportez vos médicaments en quantité suffisante, avec l’ordonnance, et souscrivez une assurance voyage qui couvre bien les frais médicaux sur place.
Pour le reste, quelques réflexes simples aident : boire régulièrement, se protéger du soleil, porter des vêtements légers et ne pas hésiter à prendre un taxi plutôt que de marcher en pleine chaleur. Si vous avez des difficultés respiratoires, mon article voyager en Thaïlande avec le souffle court donne d’autres pistes.
Mes conseils pratiques
- Choisissez la saison fraîche, en gros de novembre à février, si vous supportez mal la chaleur.
- Prévoyez au moins une semaine par base et au moins un jour de repos complet après chaque grand trajet.
- Réservez les premières nuits à l’avance, puis prolongez sur place si l’endroit vous plaît : c’est souvent possible hors haute saison.
- Vérifiez avant de partir les règles d’entrée et la durée de séjour autorisée pour votre nationalité : elles changent régulièrement, renseignez-vous auprès de l’ambassade de Thaïlande.
- Prenez une carte SIM ou une eSIM locale dès l’arrivée : applications de transport, cartes et traduction rendent tout plus simple.
- Gardez des moments sans écran et sans programme : c’est souvent là qu’on rencontre les gens et qu’on profite vraiment.
- Notez les numéros utiles, comme ceux de votre assurance et de votre logement, à la fois dans votre téléphone et sur papier : en cas de souci, vous les aurez toujours sous la main.
Questions fréquentes
Combien d’étapes pour trois semaines en Thaïlande ?
Pour un séjour reposant, deux ou trois bases suffisent largement, avec des excursions à la journée depuis chacune d’elles.
Train ou avion pour aller à Chiang Mai ?
L’avion est plus rapide, le train de nuit plus dépaysant et permet de dormir allongé. Les deux conviennent à un voyage lent, tant qu’on prévoit du repos à l’arrivée.
Quelle est la meilleure saison pour voyager lentement ?
La saison fraîche, environ de novembre à février, est la plus agréable. Le reste de l’année est possible aussi, à condition d’adapter son rythme à la chaleur ou à la pluie.
Le slow travel coûte-t-il plus cher ?
Souvent non : on dépense moins en transports et les locations à la semaine ou au mois reviennent généralement moins cher qu’une succession de nuits d’hôtel.














