Gérer l’argent en Thaïlande n’a rien de compliqué, mais quelques réflexes évitent de perdre des dizaines d’euros sur un séjour : frais fixes aux distributeurs, conversion « dans votre devise » proposée par les terminaux, comptoirs de change de l’aéroport peu généreux… Mr Schaka fait le point sur la carte bancaire, les retraits, le change, le paiement par QR code et les pourboires, pour que votre budget serve au voyage et non aux commissions.
Argent en Thaïlande : les bases à connaître
La monnaie est le baht thaï (THB, symbole ฿). Les billets vont de 20 à 1 000 bahts, les pièces de 1 à 10 bahts. À Bangkok et dans les zones touristiques, la carte passe dans les centres commerciaux, les hôtels, les supérettes et beaucoup de restaurants. Mais les marchés, la street food, les petits taxis-motos, les tuk-tuks et de nombreuses échoppes ne prennent que les espèces ou le QR code thaï.
La bonne stratégie tient en une phrase : une carte adaptée aux paiements à l’étranger, quelques retraits bien groupés, un peu de devises à changer au bon endroit, et toujours de petits billets sur soi.
Distributeurs : les frais fixes de 220 THB
C’est la surprise de beaucoup de voyageurs. Presque tous les distributeurs thaïs facturent un frais fixe aux cartes étrangères, en plus de ce que prend votre propre banque. Le montant le plus courant est de 220 THB par retrait (environ 6 €), quel que soit le montant retiré. Certains appareils, notamment dans les aéroports, les supérettes ou les halls d’hôtel, peuvent afficher davantage. Exception connue : les distributeurs AEON, qu’on trouve surtout dans les hypermarchés (Big C, Lotus’s, Makro), affichent généralement 150 THB.
Le montant exact s’affiche toujours à l’écran avant validation : lisez-le, et annulez si le chiffre vous paraît anormal. Le frais étant fixe, mieux vaut retirer moins souvent, des sommes plus importantes. Le plafond par opération tourne souvent autour de 20 000 à 30 000 THB selon la banque thaïe, et votre propre banque impose aussi une limite quotidienne : vérifiez-la avant de partir.
- Retirez de préférence aux distributeurs placés devant ou dans une agence bancaire, aux heures d’ouverture.
- Couvrez le clavier en tapant votre code.
- Récupérez bien votre carte avant de vous éloigner : c’est un oubli fréquent.
- Évitez de retirer avec une carte de crédit : les frais d’avance d’argent sont souvent élevés.
Refuser la conversion dynamique (DCC)
Au distributeur comme au terminal de paiement, on vous propose parfois de payer « dans votre devise » plutôt qu’en bahts. C’est la conversion dynamique de devise, ou DCC. Le montant en euros ou en dollars s’affiche tout de suite, mais le taux appliqué est presque toujours moins bon que celui de votre banque.
La règle est simple : choisissez toujours le baht (THB). Au restaurant ou à l’hôtel, demandez à être débité en bahts. Si le ticket indique un montant en euros ou en dollars avec un « taux de change », la conversion a été appliquée.
Bon à savoir : le refus de la DCC ne change rien aux frais fixes du distributeur thaï. Il vous évite seulement une deuxième perte, cachée dans le taux de change.
Quelle carte emporter ?
Avant le départ, regardez ce que votre banque facture à l’étranger : un pourcentage sur chaque paiement, un frais par retrait, ou les deux. Plusieurs familles de cartes limitent ces frais :
- Les néobanques et banques en ligne, dont certaines offres ne prennent pas de commission sur les paiements en devises, parfois avec un quota de retraits gratuits par mois.
- Les cartes multidevises, sur lesquelles on charge son argent à l’avance et qui appliquent un taux proche du taux du marché.
- Certaines cartes de crédit « voyage » de banques traditionnelles, sans frais sur les paiements à l’étranger.
Aucune carte n’efface le frais de 220 THB du distributeur thaï : il est prélevé localement. Emportez au moins deux cartes de réseaux différents (Visa et Mastercard), rangées séparément, et activez les notifications de votre application bancaire. Conditions et frais changent souvent : à vérifier avant le départ.
Bureaux de change : SuperRich plutôt que l’aéroport
Changer des billets en espèces reste une bonne option en Thaïlande, à condition de choisir l’endroit. Les comptoirs bancaires du hall d’arrivée proposent en général des taux nettement moins bons que ceux du centre-ville. À Bangkok, les bureaux de change privés comme SuperRich (la marque orange) sont réputés pour leurs taux serrés, sans commission. SuperRich dispose aussi d’un comptoir à l’aéroport de Suvarnabhumi, au niveau B, près de la gare de l’Airport Rail Link : de quoi changer une petite somme dès l’arrivée.
- Le passeport original est demandé pour toute opération de change.
- Les grosses coupures (100 €, 100 $) obtiennent souvent un taux un peu meilleur.
- Apportez des billets propres et en bon état : les billets abîmés peuvent être refusés.
- Recomptez devant le guichet avant de partir.
Pour savoir comment rejoindre le centre en sortant de l’avion, voyez notre guide arriver à Bangkok : de l’aéroport au centre-ville.
Espèces, carte ou QR code ?
En pratique, on combine les trois. La carte sert pour l’hôtel, les centres commerciaux et les achats importants. Les espèces restent indispensables pour la street food, les marchés, les tuk-tuks et les petites courses. Gardez des billets de 20 et 100 bahts : beaucoup de vendeurs n’ont pas la monnaie sur 1 000.
Le paiement par QR code, appelé PromptPay, est partout, même sur les petits stands. Il faut normalement un compte bancaire thaï pour l’utiliser. Il existe toutefois des passerelles : les voyageurs de plusieurs pays d’Asie (dont la Chine, Singapour, la Malaisie ou l’Indonésie) peuvent scanner ces QR codes depuis certaines applications de leur pays, et quelques portefeuilles électroniques thaïs et cartes multidevises s’ouvrent progressivement aux touristes. L’offre évolue vite : à vérifier avant le départ.
Pourboires et combien d’espèces emporter
Le pourboire n’est pas obligatoire en Thaïlande, mais il est apprécié. Quelques repères courants :
- Restaurant : regardez l’addition. Si un service de 10 % est déjà inclus, rien n’est attendu. Sinon, laisser la monnaie ou environ 5 à 10 % est un geste apprécié.
- Street food et taxi : arrondir à la dizaine supérieure suffit.
- Massage : environ 50 à 100 THB pour une heure dans un salon simple.
- Porteur d’hôtel : 20 à 50 THB.
Quant aux espèces à emporter, inutile de voyager avec une liasse. Une petite réserve en euros ou en dollars, à changer en ville, couvre les premiers jours et sert de secours si une carte est bloquée. Toute somme en devises étrangères supérieure à l’équivalent de 20 000 dollars américains doit être déclarée à la douane, à l’entrée comme à la sortie. Pour estimer vos dépenses, consultez notre budget pour une semaine à Bangkok.
Côté sécurité, répartissez l’argent entre plusieurs poches, laissez une carte de secours à l’hôtel et méfiez-vous des « bons plans » de change proposés dans la rue. Les pièges les plus courants sont détaillés dans notre article sur les arnaques à Bangkok.
L’appli gratuite de Mr Schaka : pour vous repérer à Bangkok, installez Thaïlande en poche. Gratuite, elle s’installe directement depuis le site et rassemble les cartes et les adresses du guide.
Questions fréquentes
Combien coûte un retrait au distributeur en Thaïlande ?
La plupart des distributeurs thaïs prennent 220 THB par retrait aux cartes étrangères, en plus des frais de votre banque. Les distributeurs AEON affichent généralement 150 THB. Le montant s’affiche à l’écran avant validation.
Faut-il payer en euros ou en bahts ?
Toujours en bahts. Payer « dans votre devise » déclenche la conversion dynamique (DCC), dont le taux est presque toujours défavorable.
Où changer de l’argent à Bangkok ?
Dans les bureaux de change privés du centre-ville, comme SuperRich, plutôt qu’aux comptoirs bancaires de l’aéroport. Pensez à prendre votre passeport.
Un touriste peut-il payer par QR code PromptPay ?
Pas directement sans compte thaï, sauf avec certaines applications étrangères compatibles ou certains portefeuilles électroniques ouverts aux touristes. Les espèces restent le plus simple pour les petites dépenses.














