Voyager avec une polyarthrite rhumatoïde, c’est possible. Cela demande juste un peu plus de préparation. Mr Schaka vit lui-même avec une polyarthrite rhumatoïde et une fibrose pulmonaire qui lui est liée, et il partage sa vie entre Liège et la Thaïlande. Voici les conseils pratiques, tirés d’associations de patients et d’organismes reconnus, pour voyager avec une polyarthrite en gardant de l’énergie pour profiter du séjour. Ce sont des informations générales : pour tout ce qui touche à votre santé et à vos traitements, parlez-en à votre médecin.
Voyager avec une polyarthrite : tout commence chez le rhumatologue
Le premier rendez-vous du voyage se prend chez votre rhumatologue ou votre médecin traitant, plusieurs semaines avant le départ. Venez avec votre itinéraire, vos dates et vos activités prévues.
Quelques questions utiles à poser :
- Le moment est-il bien choisi, compte tenu de l’état actuel de la maladie ?
- Comment organiser mes traitements pendant le séjour, y compris avec le décalage horaire ?
- Mes vaccins sont-ils à jour, et lesquels sont recommandés pour ma destination ?
- Que faire en cas de poussée ou de fièvre sur place ? Qui contacter ?
- Pouvez-vous me remettre une ordonnance et une lettre (de préférence en anglais) qui décrit ma maladie et mes traitements ?
La question des vaccins mérite une attention particulière. Les recommandations de l’EULAR (la ligue européenne contre les rhumatismes) conseillent de vérifier chaque année le statut vaccinal des personnes atteintes de rhumatismes inflammatoires. Selon le traitement suivi, certains vaccins vivants peuvent être déconseillés. Seul votre médecin peut trancher : parlez-en tôt, avant de réserver.
Transporter ses traitements sans mauvaise surprise
La règle d’or, répétée par toutes les associations : vos médicaments voyagent avec vous, en cabine, jamais en soute. Une valise perdue ou un vol retardé ne doit pas interrompre un traitement. L’Arthritis Foundation conseille aussi d’emporter un peu plus que la durée du séjour, au cas où le retour serait repoussé.
- Emballages d’origine, avec les étiquettes lisibles.
- Ordonnance et lettre du médecin à portée de main, avec une copie dans votre téléphone ou votre messagerie.
- Liste écrite de vos traitements, avec les noms des molécules (les noms commerciaux changent d’un pays à l’autre) et les coordonnées de votre médecin.
- Traitements à conserver au froid : renseignez-vous auprès de votre pharmacien ou du fabricant sur les conditions de transport, utilisez une trousse isotherme adaptée et prévenez la compagnie aérienne. À l’arrivée, demandez une chambre avec réfrigérateur.
Bon à savoir : pour la Thaïlande, l’agence thaïe du médicament (Thai FDA) autorise en général l’entrée d’un traitement personnel correspondant à 30 jours maximum, dans son emballage d’origine, avec une ordonnance ou une lettre du médecin. Certains médicaments classés comme stupéfiants ou psychotropes nécessitent une autorisation préalable, à demander en ligne au moins deux semaines avant le départ. Les règles évoluent : à vérifier avant le départ sur le site de la Thai FDA ou auprès de l’ambassade de Thaïlande.
Bagages légers et assistance à l’aéroport
Longs couloirs, files d’attente, valises lourdes : c’est souvent ce qui fatigue le plus. Quelques choix simples aident :
- Une valise légère à quatre roues pivotantes, qu’on peut pousser à côté de soi plutôt que tirer.
- Moins de vêtements, faciles à combiner. En Thaïlande, les services de blanchisserie sont très répandus.
- Un siège côté couloir, pour pouvoir se lever souvent. Versus Arthritis conseille de bouger ou de changer de position environ toutes les 20 à 30 minutes pendant les longs trajets.
Surtout, n’hésitez pas à demander l’assistance aux passagers à mobilité réduite. Elle ne concerne pas que les personnes en fauteuil : elle s’adresse aussi à ceux pour qui marcher longtemps ou porter un sac est difficile. Pour les vols au départ de l’Union européenne, cette aide est gratuite ; il faut la demander à la compagnie, à l’agence ou au voyagiste au moins 48 heures avant le départ.
À l’aéroport de Bangkok-Suvarnabhumi, des fauteuils roulants sont prêtés gratuitement avant l’enregistrement, au niveau 4 (porte 2), sur présentation d’une pièce d’identité. Après l’enregistrement, c’est la compagnie aérienne qui prend le relais. Les passagers en fauteuil de la compagnie et un accompagnant peuvent emprunter la file prioritaire (Fast Track).
Un hébergement qui ménage les articulations
Une chambre au rez-de-chaussée ou près d’un ascenseur, peu de marches à l’entrée, une salle de bains pratique : ces détails comptent au quotidien. Versus Arthritis recommande de penser à chaque étape, jusqu’à la petite marche devant la porte de la chambre.
N’hésitez pas à écrire à l’hôtel avant de réserver. Demandez s’il y a un réfrigérateur dans la chambre, un ascenseur, une piscine (beaucoup de personnes apprécient de bouger dans l’eau) et si l’établissement est proche des transports. Loger près de ce que vous voulez voir, c’est économiser de l’énergie chaque jour. Pour celles et ceux qui ont aussi le souffle court, Mr Schaka a réuni d’autres pistes dans son article voyager en Thaïlande avec le souffle court.
Chaleur, humidité et fatigue : trouver son rythme
Sous les tropiques, la chaleur et l’humidité fatiguent tout le monde. Avec une polyarthrite, la fatigue est souvent déjà une compagne de route. Versus Arthritis note que la chaleur peut faire gonfler légèrement les mains et les chevilles, et que certains traitements rendent la peau plus sensible au soleil. Demandez à votre médecin ou à votre pharmacien si c’est votre cas.
- Buvez régulièrement, même sans soif.
- Gardez les heures les plus chaudes pour l’ombre, la sieste ou un lieu climatisé.
- Portez des vêtements amples en fibres naturelles, un chapeau à larges bords, et une crème solaire à bonne protection.
- Alternez une journée chargée et une journée calme. Choisissez ce qui compte vraiment pour vous et prévoyez du repos juste après.
Le choix de la saison aide beaucoup. En Thaïlande, la période la plus fraîche et la plus sèche va en général de novembre à février : le détail est dans le guide quand partir en Thaïlande, mois par mois.
Bon à savoir : prévoyez aussi une journée de récupération au retour. L’Arthritis Foundation conseille de ne pas enchaîner un vol de nuit et une journée de travail.
Une assurance qui couvre vraiment votre maladie
C’est le point qu’on néglige le plus souvent. Beaucoup de contrats d’assurance voyage excluent les maladies préexistantes qui n’ont pas été déclarées. Avant de partir, déclarez votre polyarthrite et, le cas échéant, les maladies associées. Vérifiez par écrit que le contrat couvre les soins liés à cette maladie, l’hospitalisation et le rapatriement. Enregistrez le numéro d’assistance dans votre téléphone et gardez-en une copie papier. Les conditions changent souvent : à vérifier avant le départ.
Questions fréquentes
Peut-on voyager en avion avec une polyarthrite rhumatoïde ?
Oui, beaucoup de personnes le font. La clé est de préparer le voyage avec son médecin, de garder ses traitements en cabine et de demander l’assistance à l’aéroport si marcher ou porter est difficile.
Combien de médicaments peut-on emporter en Thaïlande ?
En règle générale, jusqu’à 30 jours de traitement personnel, dans l’emballage d’origine, avec une ordonnance ou une lettre du médecin. Certains médicaments contrôlés demandent une autorisation préalable. À vérifier avant le départ auprès de la Thai FDA.
Faut-il des vaccins particuliers ?
Cela dépend de la destination et de votre traitement. Certains vaccins vivants peuvent être déconseillés : parlez-en à votre médecin plusieurs semaines avant le départ.
L’assistance à l’aéroport est-elle payante ?
Pour les vols au départ de l’Union européenne, elle est gratuite si on la demande au moins 48 heures à l’avance. Ailleurs, renseignez-vous auprès de votre compagnie aérienne.
Voyager avec un corps qui proteste parfois demande surtout un rythme plus doux. C’est le fil de La Saison du souffle, le récit que Mr Schaka a tiré de ses séjours en Thaïlande.














