Les cafés à Bangkok sont devenus, au fil de mes séjours, mes bureaux, mes salons de lecture et mes refuges contre la chaleur de midi. Entre le café thaï de spécialité, les vieilles maisons de Chinatown et le petit comptoir du coin de la rue, voici comment je choisis où m’asseoir selon ce que j’ai à faire : écrire, lire ou simplement souffler une heure.
Pourquoi Bangkok est une ville de cafés
Quand je suis arrivé la première fois, je m’attendais à des thés glacés et à du café soluble très sucré. J’ai découvert une ville où l’on ouvre un nouveau café presque chaque semaine, où les baristas thaïlandais participent à des concours internationaux et où les torréfacteurs travaillent des grains cultivés dans le nord du pays. La climatisation y est généreuse, le wifi presque toujours gratuit, et personne ne vous regarde de travers si vous restez une heure avec un livre.
Il faut pourtant savoir où aller. Un café de centre commercial n’offre pas la même ambiance qu’une ancienne boutique-maison au bord du fleuve, et un comptoir de rue n’est pas fait pour ouvrir un ordinateur. J’ai donc pris l’habitude de penser par quartier et par type de café, plutôt que de courir après la dernière adresse à la mode.
Le café thaï de spécialité : des grains du Nord
La Thaïlande produit son propre café, surtout dans les montagnes des provinces de Chiang Mai, Chiang Rai et Nan pour l’arabica, et dans le sud pour le robusta. Beaucoup de torréfacteurs de Bangkok mettent en avant ces origines locales, souvent avec le nom du village ou de la petite exploitation sur la carte. C’est une belle façon de goûter le pays autrement.
Dans ces cafés de spécialité, comptez environ 80 à 200 bahts pour une boisson, selon la méthode (espresso, filtre, cold brew) et le grain. C’est cher à l’échelle thaïlandaise, mais on paie aussi la place, le calme et la fraîcheur. Quelques maisons bien installées que je connais :
- Roots : un torréfacteur thaï qui travaille beaucoup avec des grains du Nord, présent dans plusieurs quartiers, dont un lieu à The Commons, à Thong Lo.
- Nana Coffee Roasters à Ari : un bâtiment reconnaissable, une torréfaction maison et une carte de filtres sérieuse.
- Factory Coffee, près de la station BTS Phaya Thai : connu pour ses boissons signature et souvent très fréquenté.
Les horaires et les adresses changent vite à Bangkok : je vérifie toujours la fiche à jour du café sur une carte en ligne avant de traverser la ville.
Ari et Phaya Thai : mon quartier pour travailler
Si je dois écrire plusieurs heures, je vais à Ari. Le quartier se trouve au nord du centre, sur la ligne BTS Sukhumvit, et garde un air résidentiel avec ses petites rues, ses arbres et ses bureaux. On y trouve une forte concentration de cafés, du minuscule comptoir à la grande salle lumineuse, ce qui permet de changer d’endroit sans reprendre le métro.
Plus au sud, Phaya Thai et Ratchathewi offrent le même avantage, avec en plus la correspondance vers l’Airport Rail Link. Pour comprendre comment rejoindre ces quartiers sans perdre de temps dans les embouteillages, j’explique les lignes dans mon article sur se déplacer à Bangkok en BTS, MRT et bateau.
Talat Noi et Songwat : les cafés dans les vieilles maisons
Pour lire ou faire une vraie pause, je préfère le vieux Bangkok. À Talat Noi et dans la rue Songwat, en bordure de Chinatown et près du fleuve Chao Phraya, d’anciennes maisons-boutiques et des entrepôts ont été transformés en cafés. Murs bruts, escaliers étroits, meubles chinois anciens, parfois un chat qui dort sur une chaise : l’ambiance est plus importante que la vitesse du wifi.
Mother Roaster, à Talat Noi, est l’un de ces lieux : on monte à l’étage d’un vieux bâtiment pour boire son café au milieu d’objets d’un autre temps. Le quartier se rejoint à pied depuis la station MRT Hua Lamphong, ou en bateau sur le fleuve. Je vous conseille d’y aller tôt le matin en semaine : le week-end, beaucoup de visiteurs viennent prendre des photos et les places assises se font rares.
Ces cafés ne sont pas toujours adaptés pour travailler longtemps. Prises électriques rares, tables basses, escaliers raides : j’y vais avec un carnet ou un livre, pas avec une journée de travail.
Sukhumvit, Thong Lo et Ekkamai : pratique mais plus cher
Le long de Sukhumvit, surtout autour de Phrom Phong, Thong Lo et Ekkamai, les cafés sont nombreux, modernes et faciles d’accès grâce au BTS. On y croise beaucoup de travailleurs à distance et d’étrangers installés. Les prix sont souvent un peu plus élevés et les salles plus bruyantes aux heures de pointe, mais c’est pratique si vous logez dans ce secteur. Si vous hésitez encore sur votre base, mon guide où loger à Bangkok selon les quartiers peut vous aider.
Les cafés de quartier et le café à l’ancienne
Le café que je bois le plus souvent ne vient pourtant pas d’un torréfacteur à la mode. Dans presque chaque rue, un petit stand ou une échoppe prépare un café glacé thaï, souvent très sucré, avec du lait concentré, pour environ 30 à 60 bahts. Si vous voulez moins de sucre, dites « wan noi » (peu sucré) ; les vendeurs ont l’habitude.
Il existe aussi des cafés à l’ancienne, tenus parfois par des familles d’origine chinoise depuis des décennies, où l’on sert un café filtré dans une chaussette en tissu, avec des toasts et des œufs mollets. On n’y travaille pas, on s’y assoit pour regarder le quartier vivre. C’est souvent là que je retrouve le Bangkok que j’aime le plus.
Travailler dans un café : les règles non écrites
Les Thaïlandais sont tolérants, mais il y a des usages. Je commande une nouvelle boisson ou quelque chose à manger toutes les deux heures environ, je ne monopolise pas une grande table seul quand la salle se remplit, et je baisse la voix au téléphone. Certains cafés limitent l’usage des ordinateurs le week-end ou indiquent un temps maximum : je respecte ces affichettes. Le mot de passe du wifi est souvent imprimé sur le ticket de caisse.
Mes conseils pratiques
- Emportez un pull léger : la climatisation est souvent réglée très fraîche.
- Vérifiez les horaires avant de partir : beaucoup de cafés de spécialité ouvrent vers 8 h et ferment en fin d’après-midi, et certains ferment un jour par semaine.
- Pour travailler, visez le matin en semaine ; pour les cafés photogéniques du vieux Bangkok, évitez le samedi et le dimanche après-midi.
- Gardez une batterie externe : les prises ne sont pas garanties.
- Prévoyez un budget café réaliste ; mon article sur le budget d’une semaine à Bangkok donne des repères.
- Demandez « mai wan » (sans sucre) ou « wan noi » (peu sucré) dans les cafés de rue.
- Combinez un café et une visite : un café à Talat Noi le matin, puis une promenade le long du fleuve.
Questions fréquentes
Le wifi est-il gratuit dans les cafés de Bangkok ?
Dans la grande majorité des cafés, oui. Le code est souvent sur le ticket ou affiché au comptoir. Pour travailler sereinement, je garde aussi des données mobiles en secours.
Combien coûte un café à Bangkok ?
Environ 30 à 60 bahts pour un café glacé de rue, et environ 80 à 200 bahts dans un café de spécialité. Les prix varient selon le quartier et la méthode de préparation.
Quel quartier choisir pour travailler sur ordinateur ?
Ari et Phaya Thai sont mes préférés : beaucoup de cafés, une ambiance calme et un accès simple en BTS. Sukhumvit est pratique aussi, mais plus bruyant et un peu plus cher.
Peut-on rester longtemps avec un seul café ?
Une heure ou deux, oui, sans problème. Au-delà, il est poli de recommander quelque chose, surtout si le café se remplit.














