À Bangkok, on trouve un salon de massage presque à chaque coin de rue. Le massage thaï fait partie de la vie quotidienne : on s’y arrête après une longue journée de marche, entre deux visites ou simplement pour se détendre. Mais derrière cette habitude se cache une vraie tradition, reconnue par l’UNESCO. Voici d’où vient le massage thaï, les principaux types de massages, les prix indicatifs à Bangkok et les bons réflexes pour choisir un salon sérieux.
Le massage thaï, une tradition reconnue par l’UNESCO
En thaï, on parle de nuad thai (นวดไทย). En 2019, l’UNESCO l’a inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Selon la fiche de l’UNESCO, cette pratique est née de l’entraide dans les villages : chaque communauté avait ses masseurs, que l’on consultait pour soulager les douleurs du travail aux champs. Avec le temps, ce savoir s’est organisé et est devenu un métier.
Le massage thaï fait partie de la médecine traditionnelle thaïlandaise. Il repose sur l’idée de lignes d’énergie, les sen, que le masseur travaille par pressions et étirements. Il utilise ses mains, mais aussi ses avant-bras, ses coudes, ses genoux et parfois ses pieds. On le reçoit habillé, sur un matelas posé au sol, sans huile.
Wat Pho, le berceau du massage thaï à Bangkok
Impossible de parler de massage thaï sans citer Wat Pho, le temple du Bouddha couché, tout près du Grand Palais. Dans la première moitié du XIXe siècle, sous le roi Rama III, des inscriptions et des schémas du corps y ont été gravés sur des plaques de pierre, pour rendre le savoir médical traditionnel accessible à tous. Ces archives épigraphiques de Wat Pho sont inscrites depuis 2011 au registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO.
Le temple abrite aussi une école de médecine et de massage traditionnels, qui forme des masseurs depuis 1955 et propose des cours, y compris aux étrangers. Dans l’enceinte du temple, des pavillons de massage accueillent les visiteurs. C’est une bonne manière de terminer la visite, mais il y a souvent du monde et on ne réserve pas à l’avance : inscrivez-vous au comptoir dès votre arrivée, puis visitez tranquillement.
Si vous préparez votre séjour, Wat Pho a sa place dans notre itinéraire de Bangkok en 3 jours.
Les principaux types de massages
Sur la carte d’un salon, vous retrouverez presque toujours les mêmes grandes familles :
- Le massage thaï traditionnel : habillé, au sol, avec pressions et étirements. Il peut être appuyé. C’est le plus emblématique.
- Le massage aux huiles (souvent appelé oil ou aromatherapy) : plus doux et glissant, sur une table ou un matelas, avec des huiles parfumées. Il se pratique dans une pièce ou un espace fermé.
- Le massage des pieds (réflexologie) : assis dans un fauteuil, pantalon remonté aux genoux. Idéal après une journée de marche, et facile à essayer pour une première fois.
- Le massage aux herbes : des pochons de tissu remplis d’herbes (citronnelle, curcuma, gingembre…), chauffés à la vapeur et appliqués sur le corps. Il est souvent proposé en complément d’un massage thaï.
- Le massage tête, nuque et épaules : court, souvent 30 minutes, pratique entre deux visites.
Combien coûte un massage thaï à Bangkok ?
Les prix varient selon le quartier, la durée et le type d’établissement. Voici des fourchettes indicatives, relevées en 2025-2026 :
- Salon de quartier : environ 250 à 400 bahts l’heure pour un massage thaï, un peu moins dans les quartiers résidentiels, davantage dans les rues très touristiques.
- Massage des pieds : à peu près le même tarif, environ 250 à 400 bahts l’heure, moins pour 30 minutes.
- Wat Pho : environ 340 bahts les 30 minutes et 520 bahts l’heure (massage thaï ou des pieds), en plus du billet d’entrée du temple (300 bahts pour les visiteurs étrangers).
- Massage aux huiles : un peu plus cher que le massage thaï dans un même salon, souvent 350 à 500 bahts l’heure.
- Spa : environ 800 à 1 500 bahts dans les enseignes de spa de la ville ; plusieurs milliers de bahts dans les spas d’hôtels de luxe.
Le prix est presque toujours affiché à l’entrée. Le pourboire n’est pas obligatoire, mais il est apprécié si vous êtes satisfait : comptez souvent 50 à 100 bahts pour une heure, en liquide, remis directement au masseur. Les tarifs évoluent : vérifiez-les sur place avant de vous installer.
Bon à savoir : pour vous repérer dans la ville, l’appli gratuite Thaïlande en poche de Mr Schaka s’installe directement depuis le site. Elle rassemble les cartes et les adresses du guide, de Wat Pho aux quartiers où se poser après une journée de visites.
Comment choisir un salon sérieux
À Bangkok, l’immense majorité des salons sont des établissements honnêtes, fréquentés par les habitants comme par les familles de voyageurs. Quelques repères simples aident à faire le bon choix :
- Une devanture ouverte et bien éclairée, avec les fauteuils de massage des pieds visibles depuis la rue.
- Une carte des prix claire, affichée à l’entrée, avec les durées.
- Des lieux propres, du linge frais, des masseurs en tenue de travail.
- Une licence ou un certificat affiché au mur : c’est bon signe.
- Des clients du quartier : c’est souvent le meilleur indicateur.
- Méfiez-vous des rabatteurs insistants ou d’une offre qui change une fois installé.
Avant de commencer, confirmez le type de massage, la durée et le prix. Pour éviter les petits pièges classiques, lisez aussi notre article sur les arnaques à Bangkok et comment les éviter.
L’étiquette : les bons réflexes pendant la séance
- Enlevez vos chaussures à l’entrée. Dans beaucoup de salons, on commence par vous laver les pieds.
- Mettez la tenue fournie pour un massage thaï : un pantalon et un haut amples.
- Dites ce qui vous convient : bao bao (doucement), nak nak (plus fort), jep (ça fait mal). Le masseur adapte volontiers.
- Signalez vos fragilités avant de commencer : dos, genoux, opération récente…
- Évitez un repas copieux juste avant et buvez de l’eau après.
- Restez discret : on parle peu, on garde son téléphone de côté.
Ces gestes rejoignent les règles de politesse du quotidien, que nous détaillons dans notre article sur le savoir-vivre en Thaïlande.
Massage thaï et santé : quand demander l’avis d’un médecin
Le massage thaï peut être appuyé, avec des étirements et des pressions profondes. Il ne convient pas à tout le monde. Les autorités thaïlandaises de médecine traditionnelle déconseillent notamment le massage, ou demandent une grande prudence, en cas de :
- fièvre, infection, plaie ouverte ou problème de peau ;
- hypertension non contrôlée, maladie du cœur ou des vaisseaux, antécédent de caillot ;
- prise d’anticoagulants ;
- ostéoporose ou fragilité osseuse ;
- grossesse ;
- cancer, diabète déséquilibré ou blessure récente.
Important : cette liste est générale et ne remplace pas un avis médical. Si vous avez une maladie chronique ou un doute, parlez-en à votre médecin avant le voyage. Sur place, préférez un massage doux, comme celui des pieds, et prévenez toujours le masseur.
Questions fréquentes
Le massage thaï fait-il mal ?
Il peut être appuyé, mais il ne doit pas faire mal. Dites bao bao pour demander plus de douceur.
Combien de temps dure un massage thaï ?
En général une heure. Les formules de 30 minutes, 90 minutes ou 2 heures sont aussi courantes.
Faut-il réserver ?
Pas dans un salon de quartier : on entre et on demande. Dans un spa, réserver évite d’attendre. À Wat Pho, on ne réserve pas à l’avance : venez plutôt tôt.
Peut-on emmener des enfants ?
Oui, le massage des pieds est apprécié des familles. Demandez une pression légère pour les plus jeunes et suivez l’avis du salon.














