Isan Thaïlande : le Nord-Est authentique, loin des foules

Bouddhas dorés et naga dans un temple de Thaïlande

Par Mr Schaka ·

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L’Isan, c’est le grand Nord-Est de la Thaïlande. Peu de plages, peu de foules, mais des rizières à perte de vue, des temples khmers, le Mékong et une cuisine qui a conquis tout le pays. Pour qui veut voir une Isan Thaïlande du quotidien, loin des circuits classiques, voici l’essentiel : ce qu’il faut voir, manger, savoir, et comment s’y rendre.

Qu’est-ce que l’Isan ?

L’Isan est la plus grande région de Thaïlande. Elle compte 20 provinces, couvre environ 168 000 km² et rassemble près d’un tiers de la population du pays (un peu plus de 22 millions d’habitants selon les chiffres de 2019). C’est un vaste plateau, bordé au nord et à l’est par le Mékong, de l’autre côté duquel commence le Laos.

La culture y est lao-thaïe. La plupart des habitants parlent l’isan, une variante du lao écrite avec l’alphabet thaï ; le thaï central reste la langue de l’école et de l’administration. Dans le sud de la région, une minorité parle aussi le khmer du Nord. Musique molam, riz gluant à chaque repas : l’Isan a sa propre identité.

Le récit La Saison du souffle de Mr Schaka emmène le lecteur en Isan, dans la famille de sa compagne. Pour un aperçu de cette vie de village, lisez aussi la maison de famille en Isan.

La cuisine isan : som tam, larb, gai yang et khao niao

Même si vous n’allez jamais dans le Nord-Est, vous mangerez isan en Thaïlande : ses plats sont partout à Bangkok. Les incontournables :

  • Som tam : la salade de papaye verte pilée au mortier, avec piment, citron vert, tomate et parfois du pla ra, une sauce de poisson fermenté au goût puissant.
  • Larb : viande hachée (porc, poulet ou canard) relevée de citron vert, d’herbes fraîches et de poudre de riz grillé.
  • Gai yang : du poulet mariné puis grillé au charbon de bois, souvent servi avec une sauce pimentée.
  • Khao niao : le riz gluant, servi dans un petit panier en bambou. On en fait une boulette avec les doigts de la main droite pour attraper le reste.

Les trois premiers se partagent au centre de la table, avec le riz gluant. Pour un plat moins fort, demandez « phet nit noi » (un peu pimenté). Quelques mots de base aident beaucoup en village : notre petit lexique thaï en rassemble l’essentiel.

Les sites à voir en Isan Thaïlande

La région est immense : choisissez deux ou trois étapes.

  • Khao Yai, la porte de l’Isan : à environ trois heures de route de Bangkok, ce parc national classé à l’UNESCO marque l’entrée du plateau. Forêts, cascades, oiseaux, parfois des éléphants sauvages. L’entrée coûte 400 THB par adulte étranger aux entrées principales.
  • Phimai : à une soixantaine de kilomètres de Nakhon Ratchasima (Korat), un grand temple khmer en grès, au cœur d’une petite ville tranquille. Bus réguliers depuis le terminal 2 de Korat.
  • Phanom Rung : dans la province de Buriram, ce temple khmer se dresse au sommet d’un ancien volcan. Quelques jours par an, au lever ou au coucher du soleil, la lumière traverse ses quinze portes alignées. Le temple de Muang Tam, tout proche, complète bien la visite.
  • Le Mékong à Nong Khai : promenade au bord du fleuve, marché du soir, et le parc de sculptures Sala Kaew Ku. Le pont de l’Amitié, ouvert en 1994, mène au Laos ; Vientiane est à une vingtaine de kilomètres de l’autre rive.
  • Le Mékong à Nakhon Phanom : une ville calme, face aux montagnes du Laos et à la ville de Thakhek. Le grand stupa de Wat Phra That Phanom se trouve à une cinquantaine de kilomètres au sud, le long du fleuve.
  • Udon Thani et Talay Bua Daeng : Udon est une ville pratique, bien desservie. À environ 45 km, le lac Nong Han Kumphawapi se couvre de lotus rouges en saison : c’est la « mer de lotus rouges ».

Bon à savoir : à Talay Bua Daeng, les fleurs s’ouvrent tôt et se referment avec la chaleur. Allez-y entre 6 h et 11 h. La saison va en général de décembre à février (parfois dès novembre). On loue un bateau à l’embarcadère de Ban Diam : environ 300 THB pour un petit bateau, 500 THB pour un grand, selon les sources récentes. Pas de transport public régulier : prévoyez un taxi, une appli de VTC ou une voiture. Dates et prix à vérifier avant le départ.

Côté entrées, les parcs historiques comme Phanom Rung et Phimai demandent environ 200 THB aux visiteurs étrangers depuis la hausse des tarifs de 2025. À vérifier avant le départ.

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Comment aller en Isan et s’y déplacer

Depuis Bangkok, trois options simples :

  • L’avion : des vols directs relient l’aéroport de Don Mueang à Udon Thani (environ 1 h), Khon Kaen, Ubon Ratchathani, Buriram ou Nakhon Phanom (environ 1 h 30).
  • Le train : depuis la gare Krung Thep Aphiwat, le train de nuit Special Express n° 25 rejoint Udon Thani en un peu plus de 9 heures, puis Nong Khai. Couchette de 2e classe autour de 900 THB.
  • Le bus : depuis le terminal Mo Chit, des bus climatisés partent vers toutes les grandes villes. Comptez environ 8 heures pour Udon Thani.

Sur place, les distances sont longues et les transports locaux limités. Dans les grandes villes (Udon Thani, Khon Kaen, Korat), les applis de VTC fonctionnent. Pour les sites isolés comme Phanom Rung ou le lac aux lotus, louez une voiture avec chauffeur ou négociez un taxi à la journée.

Bon à savoir : vous passerez sans doute par Bangkok avant de partir vers le Nord-Est. L’appli gratuite Thaïlande en poche de Mr Schaka s’installe directement depuis le site et rassemble les cartes et les adresses du guide, pratique pour rejoindre Don Mueang, la gare ou le terminal Mo Chit.

Savoir-vivre au village

En Isan, on est souvent reçu chez l’habitant, et l’accueil est généreux. Quelques gestes simples suffisent pour bien faire :

  • Retirez vos chaussures avant d’entrer dans une maison ou un temple.
  • Assis par terre, repliez les jambes sur le côté : ne pointez jamais les pieds vers quelqu’un ni vers une image du Bouddha.
  • Saluez les aînés avec un wai (mains jointes) et laissez-les se servir en premier.
  • Habillez-vous sobrement, épaules et genoux couverts, surtout au temple.
  • Arrivez avec un petit cadeau, des fruits par exemple, et goûtez ce qu’on vous propose, même un peu.
  • Demandez avant de photographier les gens, en particulier les personnes âgées et les moines.

Pour aller plus loin, lisez nos règles de savoir-vivre en Thaïlande.

Quand partir en Isan ?

La meilleure période va de novembre à février : saison fraîche et sèche, ciel clair, matins et soirées parfois frais. Prévoyez une petite veste. C’est aussi la saison des lotus rouges. De mars à mai, la chaleur devient forte, avril étant le mois le plus chaud. La saison des pluies s’étend ensuite jusqu’en octobre, avec un pic en août et septembre : les rizières sont alors d’un vert intense, mais certaines routes deviennent difficiles. Le détail mois par mois est dans notre article quand partir en Thaïlande.

Questions fréquentes

L’Isan vaut-il le détour pour un premier voyage en Thaïlande ?

Oui, si vous aimez la campagne, les temples et la cuisine, et que vous acceptez des distances longues et moins de confort touristique. Deux ou trois étapes suffisent pour une première approche.

Faut-il parler thaï pour voyager en Isan ?

Non, mais l’anglais y est moins parlé qu’à Bangkok. Quelques mots de thaï, une appli de traduction et beaucoup de sourires font le reste.

Combien de jours prévoir ?

Comptez au moins 4 à 5 jours pour un axe comme Khao Yai, Phimai et Phanom Rung, ou Udon Thani, le lac aux lotus et Nong Khai. Une semaine ou plus permet de longer le Mékong.

Couverture du livre

Le livre

La Saison du souffle, le récit de Mr Schaka, emmène le lecteur en Isan, dans la famille de sa compagne. Une façon de découvrir la région de l’intérieur.

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