PM2.5 en Thaïlande : quand, où et comment voyager sereinement

Vue sur les toits de Bangkok sous un ciel voilé

Par Mr Schaka ·

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Entre décembre et avril, la PM2.5 en Thaïlande peut gâcher une partie d’un voyage, surtout dans le Nord. Avec un peu d’organisation, on garde pourtant la main. Voici quand, où et comment s’y prendre, avec les outils que j’utilise moi-même entre Bangkok et le reste du pays.

La saison des fumées : surtout dans le Nord

Les PM2.5 sont des particules très fines, d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres. En Thaïlande, leur taux grimpe pendant la saison sèche, en gros de décembre à avril, parfois jusqu’en mai.

Le Nord est le plus touché. Autour de Chiang Mai, Chiang Rai ou Mae Hong Son, les feux agricoles et les feux de forêt se multiplient à partir de février. Selon l’observatoire de la NASA, l’activité des feux culmine généralement en mars, et avril reste souvent très brumeux. La combustion de biomasse représenterait environ 70 % des particules fines à Chiang Mai en avril.

Le relief n’aide pas : les montagnes autour des vallées bloquent l’air et piègent la brume. La situation s’améliore en général en mai, quand les pluies reviennent. Pour le Nord, la période délicate va donc de février à avril, avec un pic fréquent en mars.

Bangkok en saison sèche

Bangkok n’a pas de feux de forêt, mais la capitale a ses propres soucis. Selon le ministère thaïlandais des Ressources naturelles et de l’Environnement, la période la plus difficile y va de décembre à mars. Le trafic, l’industrie et les brûlages agricoles des provinces voisines s’additionnent.

La météo joue aussi. En saison sèche, une inversion de température agit comme un couvercle et garde la poussière près du sol. Janvier et février sont souvent les mois où la norme est le plus dépassée.

Ironie du calendrier : c’est aussi la saison la plus agréable côté températures. Je détaille les saisons dans mon article quand partir à Bangkok.

Lire l’indice AQI sans se tromper

L’AQI (Air Quality Index) est un indice sans unité, calculé à partir de plusieurs polluants. Attention : deux échelles circulent, et un même chiffre ne veut pas dire la même chose de l’une à l’autre.

L’échelle américaine (IQAir)

La plupart des applis internationales affichent l’AQI américain : 0 à 50 « bon », 51 à 100 « modéré », 101 à 150 « mauvais pour les personnes sensibles », 151 à 200 « mauvais », 201 à 300 « très mauvais », au-delà de 300 « dangereux ».

L’échelle thaïlandaise (Air4Thai)

Le Département du contrôle de la pollution (PCD) utilise sa propre échelle en cinq couleurs : bleu, vert, jaune, orange et rouge. Depuis le 1er juin 2023, l’alerte se déclenche à partir de 37,5 µg/m³ de PM2.5 en moyenne sur 24 heures, et le rouge commence à 75,1 µg/m³. Pour repère, l’OMS recommande de ne pas dépasser 15 µg/m³ sur 24 heures. Mon réflexe : regarder directement la valeur PM2.5 en µg/m³, plus parlante que l’indice.

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Les applis pour suivre la qualité de l’air

Air4Thai est l’appli officielle et gratuite du PCD, sur iPhone et Android. Le chiffre affiché dans le petit visage correspond à la moyenne PM2.5 sur 24 heures de la station la plus proche, mise à jour toutes les heures.

IQAir AirVisual est l’autre appli que je garde sur mon téléphone. Elle affiche l’AQI américain, une carte et des prévisions sur quelques jours, pratique pour comparer les villes avant de réserver un bus ou un vol intérieur.

Ne comparez pas les chiffres d’une appli à l’autre sans vérifier l’échelle utilisée. Regardez plutôt la tendance sur la journée. À Bangkok, les valeurs montent souvent le soir et baissent un peu au petit matin.

Où respirer mieux : le Sud et les îles

Pendant la saison des fumées du Nord, le Sud est en général bien plus épargné. Il y a moins de brûlages agricoles et la brise marine aide à disperser les particules. Phuket, Krabi, Koh Lanta, Koh Phangan ou Koh Lipe sont de bonnes options de février à avril.

Ce n’est pas une garantie absolue. Le Sud peut recevoir la fumée des incendies d’Indonésie, plutôt en fin d’année : en octobre 2015, plusieurs provinces du Sud ont connu un épisode de brume sévère venu de Sumatra. Un coup d’oeil aux applis avant de réserver reste utile.

Conseils pratiques de Mr Schaka

  • Choisir ses dates : pour le Nord, visez plutôt novembre à janvier, avant le gros des feux. Pour Bangkok, gardez un peu de souplesse en janvier et février.
  • Inverser l’itinéraire : de février à avril, faites la part belle aux îles du Sud et gardez le Nord pour une autre saison.
  • Consulter l’AQI chaque matin : deux minutes sur Air4Thai ou IQAir avant de planifier la journée.
  • Prévoir un plan B à l’intérieur : musées, centres commerciaux climatisés, cours de cuisine, massage. À Bangkok, le BTS et le MRT évitent de longues marches au bord des grands axes, voir mon guide pour se déplacer à Bangkok.
  • Masques N95 ou FFP2 : on en trouve partout, dans les 7-Eleven et les pharmacies. Un masque en tissu ne filtre pas les particules fines. Prenez un modèle bien ajusté au visage.
  • Sorties tôt le matin : temples, marchés et balades passent mieux quand l’air est le moins chargé.
  • Hébergement : fenêtres fermées et climatisation ; certains hôtels prêtent un purificateur d’air, demandez-le à la réservation.
  • Souffle fragile : demandez conseil à votre médecin avant le départ.

Questions fréquentes

Quand la pollution est-elle la plus forte à Chiang Mai ?

En général de février à avril, avec un pic fréquent en mars. L’air s’améliore le plus souvent en mai, avec le retour des pluies.

Quelle appli officielle utiliser en Thaïlande ?

Air4Thai, l’appli gratuite du Département du contrôle de la pollution. IQAir AirVisual la complète bien pour les prévisions et l’échelle américaine.

Où trouver un masque N95 ou FFP2 ?

Dans la plupart des 7-Eleven et des pharmacies. Prévoyez-en plusieurs : un masque n’est pas fait pour être porté plusieurs jours de suite.

Couverture de La Saison du souffle

Le livre

Mr Schaka vit avec une fibrose pulmonaire et voyage en Thaïlande depuis des années. Dans La Saison du souffle, il raconte ce voyage-là, marche après marche, avec humour et sans apitoiement.

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